Roland Grambin est interrogé par Danièle DOUZET

08/01/2020 Non Par Vincent Legros

Le 5 janvier 2020, jour de l’inauguration de la salle des fêtes et des Vœux du Maire à la population

Roland Grambin est interrogé par Danièle DOUZET

« Danièle DOUZET (DD) – Elu depuis maintenant 3 mandats, soit quelques 18 années,  j’ai une première question – Quelles sont les motivations qui t’ont poussé à te « mettre au service » de ta commune ?

Roland GRAMBIN (RG) : Attention ce sont  19 années et  non pas 18 années.

L’accueil de notre famille dans la commune a été très déterminant;

L’envie de servir et d’apprendre

DD – Imaginais-tu à ce moment là l’immensité et la difficulté  de la tâche qui t’attendait ?

RG – Non j’ignorais tout de la chose publique

Ces 19 années m’ont appris qu’à chaque problème il y a une solution ou plusieurs, que rien n’est jamais sans issue (favorable ou non d’ailleurs)

 DD – J’imagine que tu te souviens de tous les gros travaux que  tu as chapeautés avec tes différentes équipes municipales, Y-en-a-t-il un qui t’a tracassé plus que les autres, et duquel es-tu le plus fier ?

RG – Il y a 2 questions, donc 2 réponses : les travaux ne se traduisent pas forcément en la construction ou la rénovation de bâtiments ou de routes ou d’autres équipements. Il y a dans les communes des sujets bien plus théoriques. Pour celui qui m’a le plus tracassé je te citerai la mise en place de notre Plan Local d’Urbanisme (PLU) pendant 3 années et demie (juin 2009 à décembre 2012).

Pour celui dont je suis le plus fier : c’est celui qui a le plus répondu aux attentes de notre population, en 2005, 2006, 2007, avec la mise en sécurité de la RD49, en passant tous les bâtiments du même côté de la route pour l’agrandissement de notre groupe scolaire : 2 classes supplémentaires + le bureau du Directeur + la salle de psychomotricité pour les maternelles + la cantine.  65 m2 pour 65 enfants, ce qui paraissait complètement fou et disproportionné pour les élus de l’époque (on est plus souvent de nos jours sur des effectifs de 70 élèves, 2 fois par semaine) + une pièce de garderie aménagée dans une ancienne classe, qui, en cas de nécessité pouvait être retransformée en salle de classe en cas d’effectifs plus nombreux.

DD – Depuis que tu es élu, beaucoup de choses ont évolué à St Nicolas,  de la sécurisation de la traversée du village en 2003 à la construction de la nouvelle salle des fêtes cette année, peux-tu, de mémoire, me citer tout ce qui a été réalisé ?

RG – 19 années c’est beaucoup trop long à citer, simplement et modestement te dire qu’en principal, nous savions tous ici au village que tous nos bâtiments étaient vétustes et inadaptés et qu’il fallait les rénover, voire les reconstruire ou les agrandir et les adapter, ce qui en définitive faisait que nous avions une feuille de route bien identifiée et qu’il nous suffisait de la suivre sans en dévier, et ce, malgré le fait qu’à chacun des mandats, au moins pendant une année, nous avons subi des dégâts dus aux intempéries, lesquels nous ont pénalisés financièrement. C’est d’ailleurs un sujet important et une donnée qu’il nous faut prendre en compte car nous ne sommes pas maîtres du temps (climat et temps chronologique).

DD –  Au sein de la  CAPV, tu es vice président en charge de l’eau et l’assainissement depuis 2008.   La CAPV, une grande collectivité avec de nombreux décideurs, certes un président et des vice-présidents, comment faîtes –vous pour comme on dit « accorder vos violons ». N’est-ce pas trop difficile avec tant de personnes d’horizons différents d’arriver à un consensus ?

RG – D’abord, l’intercommunalité est devenue incontournable ; 34 communes et aujourd’hui 31 en comptant les communes nouvelles, ce n’est pas rien ! En nombre de population c’est plus de 90.000 habitants (100 fois + qu’à St Nicolas). Pour ce qui me concerne bien que j’aime beaucoup les aventures de mes amis Astérix et Obélix et ce, depuis très longtemps, nous ne pouvions pas demeurer dans notre petit village. Rencontrer les collègues élus des villes et villages voisins a été pour moi à chaque mandat une véritable richesse, parce que nous sommes tous très différents, mais en somme tous tellement ressemblants.

Certains ont il est vrai encore aujourd’hui une certaine façon de penser et de réfléchir, ce qui reste toujours surprenant, surtout quand ces idées sont complètement décalées par rapport à l’actualité ou simplement selon ma propre perception des choses.

Tout est question d’équilibre, à conserver et à ne pas perdre, nous devons être dans la bonne mesure.  En 19 années j’ai fait d’abord partie de ces élus qui critiquaient vertement l’intercommunalité et ses services pléthoriques. Puis sans attendre 2008 où j’ai été nommé VP eau & assainissement, vers 2003 il me semble, la 2ème année de mon 1er mandat , j’ai compris que l’intercommunalité était au service des communes et les personnels des différents services, des employés, (comme d’ailleurs nos personnels communaux) des personnes très engagés et droits dans leurs missions et perceptions de l’esprit du service public.

Attention ! J’ai bien dit que l’intercommunalité est au service des communes et pas aux ordres des communes, car l’intérêt général d’un territoire de 31 communes et de 90.000 habitants c’est bien + compliqué à gérer qu’une commune qu’elle soit petite ou grande.

Enfin, à chaque mandat chaque élu communautaire devrait pouvoir devenir VP, en tous les cas les maires,  cela donnerait plus d’élus impliqués dans la communauté et donc de fait beaucoup moins d’élus qui la critiquent, car quand on met « les mains dans le cambouis », on se rend compte du labeur à réaliser plus que lorsqu’on est seulement des spectateurs.

J’ai encore des choses à dire à ce sujet, mais ce n’est pas le lieu ni le temps, (élections municipales obligent).

Pour ce qui est de la gestion des services de l’eau et de l’assainissement, les 2 budgets étaient assez conséquents, et nous avons donc pu faire avancer beaucoup de projets, et il y en a encore tellement à réaliser !   

Cela représentait en moyenne par année environ 2,5 à 3 millions d’euros pour l’eau et autant voir 3,5 millions d’euros pour l’assainissement.

DD – Durant tout le temps où j’ai suivi, relaté, raconté, vécu par l’intermédiaire du DL, la vie du village, il y a quelque chose qui m’a frappé et dont je me rappellerai toujours

-Lorsque le journal municipal paraît, tu termines tous tes « éditos » par la formule « très respectueusement »  ou alors « votre très respectueux maire ». Tu sembles avoir toujours à l’esprit cette notion de mise à disposition de tes concitoyens, toi qui te considères,  je cite «  citoyen élu parmi les citoyens », j’ai le sentiment que tu penses très souvent à la vie de la commune et que tu es complètement impliqué dans cette mission qui est la tienne, avec toute la modestie et l’humilité qui t’habitent.

RG – Je n’ai rien à redire, je demeure le serviteur et l’obligé de chacun des villageois tant que je suis maire ; dans environ 10 semaines je redeviendrai un citoyen parmi les citoyens, et fier, modestement d’avoir pu servir mon village et mon Territoire du Pays Voironnais.

DD – Comment fais-tu pour, comme on dit, de temps en temps, te déconnecter, lâcher prise, te concentrer à ta famille, ce que tu réussis parfaitement ?

La preuve, j’ai un peu perdu le compte, combien d’années de mariage ? J’espère que tu dis toujours à Valérie que tu l’aimes lors de tes vœux. Cela fait tellement du bien d’entendre cela !!!! et ….j’attendais toujours ce moment avec … comment dire bonheur !!!!!

 RG – Alors oui et non pour la réponse, dans quelques semaines oui, je vais devoir apprendre à lâcher et à me déconnecter, pour ce qui est de la famille, non, je vais avoir pas mal de boulot et de temps à rattraper.

Alors dans une semaine, c’était le 12 janvier 1985, et cela fera 35 années que nous sommes mariés, ce sont les noces de rubis. Et oui cela me fait du bien de pouvoir encore en ce jour dire à Valérie que je l’aime. Devant tous ici : Valérie, ne te caches pas et ne jures pas en toi-même, oui je t’aime !

DD – A Saint-Nicolas-de-Macherin, il y a « un état d’esprit un peu à part », ce n’est pas moi qui le dis, c’est Alexis Meyer, que je salue.
J’ai eu l’occasion de travailler avec Alexis et son équipe pour préparer la publicité et relater les différentes fêtes du village. Je dois dire que j’ai été « estomaquée » par l’efficacité et le sérieux de cette bande de jeunes qui….certains ne le savent peut-être pas, sont capables, non seulement de vous concocter des fêtes magnifiques et magiques, mais aussi de remédier avec le sourire, à tous les enquiquinements de dernière minute qui peuvent leur arriver. J’ai souvenir d’une fête du village où les gratins dauphinois avaient tous tourné et où il a fallu  tous les refaire à la dernière minute, un lendemain de feu d’artifice, d’une nuit trop courte. Ce fut grandiose, pas un mot plus haut que l’autre, une organisation quasi militaire, les uns épluchaient, les autres coupaient les autres mettaient en plat etc etc,  tout cela dans la bonne humeur comme d’habitude,  et…. à midi tout était OK et personne parmi les convives ne s’aperçut de rien.
Alors Roland, tu m’as fait passer le mag’ ville et villages de Voiron de novembre de cette année, tu dois être très fier de tous ces jeunes, jeunes qu’on a plus l’habitude de critiquer que de louer dans notre société actuelle ?

RG – Rendez-vous compte, c’était facile pour moi avec de telles équipes !

Je veux appeler Alexis ; Alexis je suis fier de toi et de toute ton équipe et de toutes ces années où vous avez su servir vous aussi le village à votre manière et oui comme le dit Danièle DOUZET ce fut beau et j’ai moi aussi été rassuré et confiant pendant tout ce temps où tu as à mes yeux gagné « ton bâton de Maréchal ».

DD – Près d’une vingtaine d’associations dans ce village,  quel dynamisme !  Et en plus la Clique, la seule dans la région, toujours fidèle et qui petit à petit, intègre des jeunes pour ne pas mourir, une troupe théâtrale, la Jouée, dont la réputation a largement dépassé les frontières de St Nicolas, voire même du Voironnais, les amis, vous m’avez fait tellement rire les soirs de répétition générale où j’étais la seule spectatrice et où je devais donner mon avis, un club des aînés qui multiplie les activités de la pétanque à la randonnée en passant par la belote, les voyages, les repas et les bons moments, près de 200 adhérents cette année, un sou des écoles très actif, des cours de dessin  et bien d’autres choses, à Saint Nicolas on ne s’ennuie pas.

Une question, est-ce l’air que vous respirez, la beauté du paysage, la solidarité entre tous, peux-tu nous délivrer votre secret ?

RG – Pour moi, en tant que Maire, j’ai compris que nous élus, devions prêter ou donner les moyens aux associations : des locaux, du mobilier, de l’argent certes,  mais pas de trop, car à mon sens l’argent ne fait pas tout et enlève surtout la motivation de faire des choses et pourquoi nous les faisons.

Une motivation de base m’apparaît aussi évidente et pertinente, c’est sans doute que, chacun fait et œuvre pour le bien commun comme si ce qu’il fait, il le fait pour lui-même.

D’autre part, si ma façon de voir les choses ne suffit pas, il suffit que tu demandes à chacun d’apporter son explication et je suis persuadé que chacun te la donnera. De plus je pense que ce n’est pas mon rôle de tout savoir et de tout connaître des personnes ou de leurs façons de faire ou de ne pas faire au sein des associations.

C’est aussi cette part de liberté qui à mes yeux est importante (dans le respect des droits et devoirs de chacun évidemment).

DD –  Roland, tu es maintenant à la retraite « bienvenue au club « tu vas désormais prendre du temps pour toi, Valérie  et tes enfants, tu vas connaître, je l’espère pour toi,  le bonheur suprême d’être papy,  et tu vas donc laisser les rennes de la mairie à ton successeur en mars prochain. Je voudrais que tu nous dises à tous,

-ce que tu as le plus aimé,  et ce que tu as le plus détesté dans ta fonction de maire ?

 RG – Ce que j’ai le plus aimé : la vie d’une commune au point de vue de l’état-civil, les naissances, les mariages, sans pouvoir faire  malheureusement abstractions des décès, car c’est la vie.

J’ai eu l’honneur de célébrer le centenaire de Madame BARTHES. Pour un maire célébrer un centenaire c’est formidable. C’était magique, j’avais en face de moi ma grand-mère qui elle n’était plus là. Madame BARTHES était tellement pétillante, tellement pleine de vie, on ne pouvait que s’extasier, c’était magique et c’est là toute la magie de l’officier de l’état civil de voir toute la vie de ces famille,  les voir évoluer…

Ce que j’ai le plus  détesté : plusieurs choses évidemment  mais pas des personnes. Plus des mauvaises attitudes, ou situations ou circonstances.

 DD – Comment envisages-tu désormais tes journées ? Vas-tu intégrer le club des aînés, randonner,  jardiner, voyager…

 RG – Alors là c’est encore en partie l’inconnu, la retraite cela se prépare, je n’ai pas encore vraiment tout décidé, je sais que je suis devant « le champ des possibles, de tous les possibles ».

Les voyages m’intéressent : cette fin mars en Israël avec mon fils Benjamin pour 15 jours, sans doute aussi la Bretagne pour quelques jours où mon frère aîné s’est installé avec son épouse et où nous sommes invités, ou encore TULSA – à Broken Arrow (flèche brisée) en OKLAHOMA aux Etats-Unis faire la connaissance de mon futur gendre JORDAN  qui devrait se marier avec ma fille aînée Coralie. Mais certainement une bonne partie de l’année à Tabashkoto en plein cœur de la Bulgarie cela c’est sûr !

DD – Merci de m’avoir accordée cette interview. J’en suis très flattée et j’ai pris beaucoup de plaisir à la préparer.

Je voulais aussi te dire merci pour avoir été ce que tu as été durant toutes ces années où nous nous sommes côtoyés. Il y a toujours eu entre nous ce respect l’un de l’autre plus fort que tout, même quand nous n’étions pas d’accord. Au final en nous écoutant l’un l’autre, nous arrivions toujours à un compromis parce que nous nous étions entendus.

Voilà, je suis ravie d’être parmi vous aujourd’hui, je n’ai rien oublié des jours passés. J’en garde un excellent souvenir et j’ai toujours plaisir à revenir vers vous et dans votre belle région que j’affectionne tout particulièrement. Mais… la Provence est belle aussi »

En conclusion Roland Grambin présente ses vœux